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 IV 

L’Owogun est toujours pris au piège dans une terrible tempête tropicale,
dont la nuée d’averses déchaînées en gouttes, cordes et grêles cinglantes s’abat
invincible et ruisselante, sur le pont, le mât et les hommes qui ballottés subissent,
en victimes fragiles et impuissantes, le mauvais temps tourbillon du ciel et de l’océan.1

— Tiens bon, se répète Ombatulkan, les mains liées au gouvernail à vau-l’eau.


La pluie tombe si dense et débordante que la proue du navire à la dérive est à peine visible,
seul le rugissant abordage des vagues écrasées sur la coque faite en chêne et en roseau
annonce l’entrée toujours plus profonde et sourde dans le gros de la tourmente.


— Ça va s’arranger, se rassure Ombatulkan tandis qu’il se fait surprendre, déstabiliser,
par une bourrasque d’embruns hallebardes qui le balourde sur le côté,
le bouscule sans réussir pourtant à lui faire lâcher la barre.


Son frère d’aventures, le légendaire Barbachab, vieux briscard, conquistador et pirate,
profitant d’un calme instantané que seul l’instinct prévoit, le rejoint,
pour lui rappeler en hurlant plus fort que le vent :
— Voilà bientôt trois jours que nous sommes dans ce tohu-bohu.
Les hommes sont épuisés par l’épreuve qui perdure…


Ombatulkan le regarde dans les yeux, à travers l’ondée ininterrompue qui les sépare.


Barbachab continue :
— La faim et le désespoir commencent à les noyer de l’intérieur,
et la sirène folie n’est pas loin d’en posséder quelques-uns.


Et là, liant le geste à la parole, le vent souffle en sens inverse sur le pont.

Presque aussitôt, un marin abrité derrière un tonneau plein de richesses et de denrées,
pousse un cri de démence strident tandis qu’il traverse en trombe le bateau,
franchit le bastingage, saute par-dessus bord, tombe plouf à l’eau.
Une impitoyable déferlante le noie en étouffant sa voix.


Ombatulkan, éberlué, avertit Barbachab :
— N’invoque pas les mauvais esprits de la sorte.
Certains, maudits, jaloux de nos exploits, nous suivent,
se vengent et s'amusent de nous voir lutter parmi les flots.
Et s'ils devinent la moindre faiblesse, un soupçon de peur panique,
alors ils attaquent, possèdent à dessein et pour la fin de ce malheureux,
ils le terrorisent jusqu’à ce qu’il perde la face et se suicide. Enfants de salauds!

Barbachab, éclaboussé, rend hommage au valeureux sous de féroces sifflets impétueux :
— Que l'Océan, notre mère, ravale son enfant, qu'elle le retrouve en son ventre…

Puis profitant d'un moment d’accalmie il demande :
— As-tu idée de l'endroit où nous sommes ?
Nous gardons le cap n’est-ce pas ?
Usé et accablé, il avoue :
— Je ne sais plus…

Les lèvres de Barbachab bougent mais le vent fait taire ses mots.
Ombatulkan l’observe sans comprendre. Il n’a rien à dire.
Une lame implacable lui inflige une gifle salée.

Il scrute le pont, tente d'y repérer les hommes médusés,
aliénés aux cordages et à la souffrance tels des torturés.

La mer les assène de vagues violentes et le ciel les assomme de rafales tonitruantes.

Le capitaine ne reconnaît même pas celui qui se débat comme un fou sur la figure de proue,
essayant de faire corps avec le triton sculpté et tenir tête au sort qui le secoue.

En abasourdi il entend son second lui dire :
— Chef, une nappe de coton droit devant nous…

Et Ombatulkan prend conscience qu'un épais brouillard
engloutit effectivement le vaisseau par le nez.

Un drôle de blizzard les environne bientôt et s'immisce déjà sous leurs habits.

Barbachab, prostré, s'abritant sur lui-même de la tempête qui paraît s'affaiblir,
lentement s'étouffer dans le nuage glacé, ne peut guère plus bouger,
le froid gèle peu à peu son organisme transi, frigorifié.

De la lourde masse de son corps voûté, seule la vapeur de sa respiration
s'échappe par paquets, s’évapore en buée et lui donne un semblant de vie.

Ombatulkan, lui, fait face au vent plus doux mais plus sec que le frimas atténue sensiblement.

Ses doigts, agrippés au gouvernail, s'engourdissent et le piquent.
Accroupi, il lâche la barre, frictionne ses mains en soufflant dessus,
puis se relève sur le pont désormais horizontal et nettement plus stable.

Debout, ses jambes le démangent, il se met à marcher droit devant lui
au milieu des râles respiratoires et des silhouettes pétrifiées.

Il s'avance jusqu'à l'étrave.

Le marin qui l'enjambait quelques instants auparavant n'y est plus accroché.
Seule l'empreinte décollée de la peau de ses mains est encore visible,
congelée à la surface des écailles en or de la queue de poisson.

Ombatulkan ne peut, dans la brume, en discerner la tête qui surplombe le vide et l’eau.

— Où allons-nous ? se demande-t-il, les yeux aveuglés par l'air ambiant trop blanc.

Il se retourne, derrière lui le navire et les hommes gardent silence, la coque glisse trop lisse,
les corps sommeillent dans leur dure gelure sans paraître respirer pour ne pas se briser. 2

Ombatulkan, se retrouvant seul, n'essaie même pas de les réveiller
pour les faire réagir, les faire remuer pour se réchauffer.

Il n'ose pas ouvrir la bouche par crainte de perdre ses dents et de figer sa langue.
Sa voix rumine et ses pensées tiraillent son crâne, brûlent ses entrailles.

Soudain il chancelle mais reprend pied en se rattrapant au garde-fou givré.

Dans la purée de pois, il devine l'ombre du mât, repère totem du bateau sur l'eau.

Une idée saugrenue lui vient par le vent et lui recommande ceci :
— Ohé ! Matelot ! Ne veux-tu pas faire un tour là-haut ?
Il paraît que la vue est belle pour les oiseaux.
D'ailleurs, il y a un nid qui fait la vigie.
Moi je l’ai vu et toi mon gars ?...

Puis l'esprit de la bise glaciale se mue, laissant le souffle en silence planer.

Le voile nuageux se disperse un peu maintenant, le grand espar s'y détache encore plus,
le pont et les hommes s’en distinguent eux aussi, mais immobiles,
comme las, nuls, calmes et trop en paix. 3

Le mystère pèse impalpable dans cette atmosphère fantasmagorique.

Ombatulkan, inspirant pensif une profonde bouffée d'air frais,
soulève son pied gauche et marche d'un pas assuré vers le pylône ;
le sommet se noie dans des volutes nébuleuses, lactées et moelleuses.

— En quelques enjambées, je peux y monter.
Il me reste la force... d'y aller.

Le marin au côté de l'axe vertical de l’Owogun, en plein périple catastrophique,
fléchit les jambes trois fois de suite, comme pour se prosterner,
mais c’est juste pour se dégourdir et se réchauffer.

Il relève ensuite la tête, évalue l’escalade du poteau-mitan et s’en approche de plus près. 4

De ses mains nues, Ombatulkan caresse le tronc d'arbre taillé, dressé, indétrônable
et s'étonne à son contact qu’il ne soit aucunement verglacé, bien au contraire,
il semble absorber le froid environnant et par une réaction thermique,
son essence condense en son cœur une forte source de chaleur.
Il paraît brûler littéralement en lui-même le brouillard.

En s’y frottant, l’homme ressent un bien être plein d’énergie envahir sa poitrine et son crâne.

Des picotements lui titillent aussi les muscles.
— Il faut me mettre à l’aise, pense-t-il.

Il retire ses bottes fourrées, ôte sa cape et son habit de fourrure détrempés et,
s’aidant de ses mains et de ses pieds, il se lance, prend appui et se hisse, lentement.

L’embarcation peut à chaque mouvement balancer.

Et malgré la montée sur charbons ardents, se brûlant en douceur les paumes et les plantes,
Ombatulkan grimpe vigoureusement, respirant profondément l'air réfrigéré.
Sa bouche ouverte exhale son haleine tiède dans la brume.

— Encore un effort et je pourrais me poser dessus.

Il se hausse en équilibre sur ses bras, s'assoit en tailleur,
enroulant ses jambes puissantes autour du mât.

Ses mains placées de part et d'autre sur ses cuisses bien amarrées, il se redresse.

Ombatulkan jette un coup d'oeil vers le bas, sur le pont,
les formes se laissent seulement deviner et aux environs,
l'océan cache sa surface sous une épaisse nuée embrouillée.

Le marin acrobate regarde droit devant lui, au travers du blanc voile froid qui,
de temps à autre, ici et là, se déchire en lambeaux et permet d'y voir plus clair.

Il lorgne d'un côté puis de l'autre et se met à pivoter sur place.

L'ample nuage est tout de même bien dense mais l'on aperçoit, impression incroyable,
dans le tas, que pas très loin, au fond là-bas dans l’obscur indistinct,
il y a quelque chose qui bouge très fort et très vite.

Tournant sur lui-même, Ombatulkan réalise que la même émotion, le même mouvement
de furieuse omnipotence émane de toutes les directions.

A présent son cerveau surexcité dans sa tête bouillonnante, recouvrant ses facultés,
ne peut ignorer ni douter de ce qu'il devine ; l'Owogun est au cœur d’un cyclone,
à l’abri au creux de son ventre, au milieu du déluge, entre l’harmonie et le chaos.

Songeur, le navigateur se console :
— Ce n'est pas le moment de partir en vrille.
Eviter le vertige...

A ses mots, il se replace dans l'alignement de la proue,
suivant du regard l'avancée du navire sur les flots.

Une trouée se dégage alors, laissant le champ libre à ce qui arrive de nul part.
Et lorsqu'il capte l’objet volant non identifié, la vision s’amène à vive allure par ici.
Face à lui, elle se distingue de plus en plus jusqu’à s'approcher à quelques coups d'ailes. 5

Ombatulkan, s’engourdissant un peu au sommet du mât, assit comme enraciné
sur ce tronçon surélevé qui le réchauffe du frisquet ambiant, se fait
surprendre en se déséquilibrant d'un brusque geste réflexe.

Du haut de son piédestal, il balance le bateau d'un clapotis entre la coque et l'eau,
le bruit éclate et vibre sur le miroir étale et impénétrable de l'océan.

Et la pesante nue opaline semble avoir été surprise elle aussi par ce son,
n’ayant pas réussi à l’étouffer dans l’œuf ou même un tant soit peu l’atténuer.

Reflet d'écho, l'ondine sonore se propage, puis se mêle au cri que pousse
l’oiseau mystérieux qui passe en planant au-dessus de la tête du funambule.

Celui-ci lève les yeux au ciel pour tenter de capturer à vue le volatile.
Au passage, les évanescentes nappes lactescentes tournoient en spirales,
mais le vent les balaie avant qu'elles n'effleurent le visage du marin chaman.

Il fixe, attentif, les alentours sinistres et attend.

L'animal fabuleux semble parti ou s'être fait invisible.

Le vaisseau s'est à présent stabilisé, Ombatulkan aspire à respirer calmement
pour se tenir sur ses gardes et en équilibre.

Mais la plénitude métaphysique qui l'entoure de son espace et de son temps
est évidemment plus sûre et tranquille que lui.

Ereinté, grelottant, soufflant dans ses mains jointes, il ne peut plus se concentrer.
Fatiguée d’observer, sa vue se brouille, laisse tomber par intermittence
un voile opaque dans sa tête tandis qu'il résiste au sommeil.
Ses yeux restent clos de plus en plus longtemps.
Assoupissement et obscurcissement.

Il ne voit plus rien.

Puis de loin, dans le flou, les vapeurs somnambules de son esprit entrouvrent,
découvrent les méandres secrets d'un amas de nuages et de songes.

Il divague, assit hiératique sur son mât phallique au sein de l’œil cyclonique.

Et pense rêver éveillé.

Le cri de l'oiseau se fait de nouveau entendre et le capitaine aperçoit derrière
une brise de fumée, sa silhouette étrange, angélique et animale qui revient vers lui.

Les formidables ailes battent le pouls et se lient en un nœud au niveau des deux yeux.

La figure emplumée éclaire de son regard de globe binoculaire la rétine virtuelle
et le miroir mental d’Ombatulkan qui, assoupi et en apesanteur, s’imagine
métamorphosé, pourvu du don de voir la vérité de l’âme toute nue.

L'homme perché ne peut que se laisser aller à son envol.

Et il vole. 6

Le cyclone et son cœur en particulier prennent alors de nouvelles dimensions,
Ombatulkan, tel un dieu des eaux, domine l’océan et son navire, s’en éloigne,
empruntant dans son vol plané les couloirs trous de ver et les courants aériens,
prêt à toucher, du bout des plumes à la force du vent, l’énorme masse liquide
qui s’étend haute et éminente en une tour cyclique à révolution cataclysmique.

Et il tournoie des ailes et des yeux dans le tourbillon d'apocalypse diluvien,
de sa bouche parole d’entre ses mains papillon, une sphère bulle d’eau ignée,
perle d’œuf monde, née, enfle, siffle et souffle à l'image d'un dragon poisson
qui grimpe, rampe, monte en spirale cosmique, anémo-armillaire ammonite,
puissante vis sans fin, serpent sinueux saisissant et suivant sa piste vertigineuse,
concentré, transcendé si vite et si mince à un fil tendu entre l'escalade et la chute,
suspendu dans le vortex univers, le gouffre, l’espace, l'écho ou le cosmos tout entier,
qu’importe, là où seule vibre et résonne une unique et même voix qui chante comme... 7

…ooooooommmmmmm… 8


A cet appel, l’ellipse ligne hélicoïdale l'emporte vers le sommet,
là où l’horizon étendu du cercle vrillant s'approche sans cesse.

La conscience rêveuse d’Ombatulkan, restée sur le bateau, du haut de son mât, pense ceci :
— Serait-ce cela l'alliance du ciel et de l'océan ? 




k 2000


 NOTA BENE 

mise à jour 25 09 16

• 1   « Homme libre, toujours, tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.»

C. BAUDELAIRE, Les Fleurs du Mal, L’homme et la mer, 1857.
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• 2   Eveillé, allongé sur son vaisseau alité, couché dans ses voiles drapées,
inspiré, son bras droit et mât seul suspendu en l'air, à la perpendiculaire.
Au son du cor de brumes, son membre s'effondre sur la couverture du pont,
tel une ancre ivre qui sous la surface sonde le fond, inerte,
dernière manœuvre d'un homme malade sur son lit de mort marine,
qui suspend son geste, son voyage, son envol.
Le bras tombe le long du corps et remet en marche le ronflement de la machine
cardiaque, qui reprend écho dans la cale thoracique
et rythme la cadence aux battements du coeur léthargique.
La marée reprend alors son cours.
Le navire, le vent en poupe, quitte le port abandonné et sombre de ses quatre murs,
s'éloigne de la rive aux souvenirs, part pour les hautes mers du sommeil,
se laissant guider par le chant nocturne des sirènes
pour aller s'échouer vaguement sur la première île de l'odyssée,
escale insulaire d'un périple rêveur au terme duquel le véritable naufrage
se révèle être celui qui inspire le réveil et son retour sur terre.

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• 3   espar : longue pièce de bois utilisée comme mât, beaupré, vergue.

+ poème de Baudelaire où tout n’est que « luxe, calme et volupté.»
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• 4   poteau-mitan : dans le vaudou, axe de liaison entre le monde céleste et le monde terrestre, voie royale des loa pour rejoindre les humains.
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• 5   Tu ne vaux peut-être pas une plume, mais je t'ai déjà vu sur la lune,
faire je ne sais quoi, semblant perdue là.
Une colombe cosmique t'as déposée et puis s'en est allée vers son nid,
un peu plus haut, dans la Voie Lactée.
Pourquoi donc l'espace derrière toi se cherche absent, ne trouve pas ?
Le monde est en perdition, tu ne le vois plus.
Soudain au détour d'une étoile, un oiseau de proie mystique et sorcier.
Tu l'as vu alors qu'il atterrissait sur le sol lunaire,
les griffes aiguisées au désir de sang en avant,
s'accrochant pourtant sur un nid de poussière.
Tu n'as rien dis, si ce n'est juste un drôle de cri.
Ne parlais-tu pas alors un langage primitif, provenant de je ne sais
quelle source unique, originelle, pure,
s'épanchant par toutes sensations - les sens- .
Innocente, ne le renie pas.
Je viens te chercher, conquête et finalité de quête,
te rattraper, te prendre le coeur et te sauver l'âme.

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• 6   Association oiseau et serpent dans un mythe grec ancien : Eurynome, la grande mère, sortit des abysses des eaux primordiales, dansa dans l'obscurité. Ses mouvements firent naître un vent qu'elle façonna en forme de serpent, créant Ophion. Celui-ci ne tarda pas à la désirer et elle finit par lui céder. Se voyant enceinte, Eurynome prit la forme d'une colombe et se mit à survoler les eaux primordiales jusqu'à pondre un oeuf autour duquel Ophion se lova pour le couver. C'est à partir de cet oeuf que toutes choses ont été créées.

En Australie le candidat chaman « n’atteint pas le Ciel au moyen de l’Arbre. Il lui faut franchir, pour accéder au Monde d’En-Haut, des portes de nuages qui s’ouvrent et se referment très vite. Si le candidat est touché par ces portes, il perd toute expérience acquise et il redevient, définitivement, un homme comme les autres... Parfois,... le néophyte monte au Ciel au moyen d’une corde ou d’une écharpe. En certains cas, ils suffit de s’envoler, en d’autres, de monter un escalier en spirale.»
M. MERCIER, Chamanisme et chamans, Editions Dangles, 1987, p. 110.

« Cramponné à ma monture, je plonge dans un gouffre. L’atmosphère est glacée et peuplée de présences chargées de lourdes vibrations. Nous touchons le fond du gouffre. Sa forme rappelle celle d’un entonnoir, il donne sur un étroit orifice d’où s’échappe de la vapeur. Bien qu’il fasse très noir, j’y vois comme à travers une clarté crépusculaire. Impossible d’empêcher mon oiseau de sa faufiler dans le second gouffre. Ses ailes frôlent ses parois ressérées. Je suis étreint par une forte appréhension... Bien qu’elle soit penchée en avant, un phénomène de réflexion intérieure me permet de voir la tête de ma monture comme si je la regardais en face. L’oiseau a maintenant une tête de vieillard, au nez mince et courbe. De ses yeux s’échappent des ondes lumineuses, blanches et concentriques... Je repars presque immédiatement, mon corps astral toujours cramponné à l’oiseau qui ne ressemble plus tellement, maintenant à un oiseau. Il n’est plus qu’une forme noire dont les contours indéfinissable ne cessent de varier.»
M. MERCIER, Chamanisme et chamans, Editions Dangles, 1987, pp. 168-169.
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• 7   anémo- : du grec anemos vent.
L’anémone est le fleur d’Adonis rouge pourpre sang.
En rapport avec le vent, elle est éphémère et dépend de la présence et du souffle de l’Esprit

armillaire : du latin armilla bracelet.
La sphère armillaire est un globe formé d’anneaux ou de cercles représentant le ciel et les astres d’après l’ancienne astronomie.

ammonite : corne d’Am- m- on, dieu égyptien représenté sous forme de bélier.
Amon eau aérienne. Cf Amon Rê Ptah…
L’ammonite est un mollusque céphalopode fossile à coquille enroulée.
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• 8   Aum / Om : La syllabe mystique indienne OM est le premier mantra, le mantra racine, la formule rituelle et sonore, le son symbole primordial qui permet d'entrer dans le jeu cosmique et de participer à la direction de l’énergie des forces et vibrations qui constituent l'univers...

Tel un sacrement de communion - amen- avec le cosmos, le son qui est la fois Dieu, l'origine de toutes choses et de tout être confère au mantra une valeur quasi magique. Exprimer le son de Dieu, c'est se diviniser.

Et OM en particulier est le symbole le plus fort de la divinité, une manifestation du brahman qui selon le théologien Shankara du VIIIe siècle est être, conscience et béatitude, Monde transcende Mâyâ l’illusion à dépasser la trimûrti de Brahmâ, Vishnou et Shiva, autre dieu et caetera.

Parole acte mot sacrée, la quête reflet du brahman est l’âtman du coeur, le moi âme humaine éphémère, essence de soi conscient, inspire, expire, respire en Tout, Absolu Soi Univers, soleil lune lumière, souffle vie de la création, le Verbe appelant à l'éveil des choses :

AUM BHUR BHUVAH SVAH - Aum Terre ! Atmosphère ! Ciel ! -

OM MANI PADME HUM - Om ! Le joyau est dans le lotus- .

Aum combine le rythme ternaire de trois sons, de la triade à l'unité.

« A est le son fondamental, la clé, ...le moins différencié de tous, celui qui fait dire à Krishna : Parmi les lettres je suis le A et le Binaire des mots composés ; c'est Moi qui suis le Temps infini ; je suis le Dieu dont la face est tournée de tous côtés. ... Aum représente tout le phénomène de la production du son, ce que ne peut faire un autre mot. Il est donc le symbole naturel de tous les sons diversifiés ; il condense toute la série possible de tous les mots que l'on peut imaginer.» VIVEKANANDA

Dans le voyage d’Eärendil, « le héros, tel l’antique Hollandais volant, est un marin condamné à errer dans un labyrinthe de mers indistinctes et d’îles enchantées. Transformée en oiseau de mer blanc, la bien-aimée d’Eärendil, la princesse elfe Elwing, lui apporte un joyau béni de lumière vivante. Le héros et son navire sont emportés au firmament où pour l’éternité, Eärendil le Marin navigue dans les cieux. A son front brille le joyau rayonnant de lumière que nous voyons aujourd’hui comme l'étoile du matin.»
D. DAY, L’univers de Tolkien, les sources mythologiques, Octopus 2003, p.8.
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effets psyché matthew di vito

gauche left fleche  ancre haut  droite right fleche 

ligne de basse