sculpture sans culture


La fée bleue s'est masquée les yeux, seule dans son lit de plumes.
Elle a rougit de plaisir pour ne pas être démasquée par les dieux.
Son cœur entrouvert sous son sein gauche a laissé s'envoler
les parfums des passions.
Pure et impure à la fois.

Pourquoi n'écoute t-on plus ses histoires, ses foires carnavalesques
où la musique s'échappe des notes de notre rythme cardiaque,
où les pupilles se dilatent au devant de lumières multicolores?
La fée bleue m'a dit, mais j'ai dû oublier,
que les histoires sont éternelles, elles,
et que pour ne pas en perdre la mémoire,
les hommes se devaient de penser quelquefois devant un miroir,
en silence et sans sourciller.
Je ne peux écrire que par l'intermédiaire de mes souvenirs,
aussi récents soient-ils, si loin et pourtant si proches.

Ecrire la poésie, c'est sans doute cela,
mon esprit s'égoutte, suivant la trace de son dessein.
Je suis toujours là pour ne plus être là l'instant d'après,
en fuite continuelle et la fée bleue, elle, éternelle.
Et lorsque la machine vocable démarre, elle se tait pour ne pas se tromper,
rompre le charme, l'équilibre qui pourtant demeure immobile,
sans cesse le même sous ses différents aspects.
Aller plus loin que cela, n'est-ce pas déjà chercher la fin,
la souhaiter comme on souhaiterait mieux vivre.
La vérité ne sait guère, la vérité s'égare et moi et vous aussi.
Je n'ai plus rien à vous dire alors que vous, vous en avez de trop.
Dialogue à une seule direction, pardon.
Je cherche, je voudrais que l'on m'écoute, que l'on me dise si je suis fou,
j'en tremble, mes doigts couchés sur la plume craquent,
s'effilochent comme des mots, des tracés sur une page.
Je ne me vois plus qu'au travers d'une écriture sur mes yeux.
Attente, poursuite, vers...et poésie.

Une photo de moi, petit bonhomme à mon chevet,
une heure trente sonne, l'air froid et vide en résonne.
Je suis à l'intérieur du zéro temporel, minuit semble par à-coup mon éden.
Trois zéros et puis s'en vont comme les mots en amont dans le cerveau,
pour aller en aval, pour que je les avale,
les digère et les oublie.
Le point de ma vie lui, je ne l'oublierai point.




gauche left fleche ancre haut droite right fleche

ligne de basse