awebdel al ricoyot
Diable d'Eliphas Lévi (XIXe siècle


A la fin du festin le nain sur son trône de velours rouge sang,

les yeux repus de plaisir comme le ventre difforme,

s'assoupit dans un sommeil léthargique, identique à celui de son voisin,

le squelette inoxydé et calme enfin.

Le maître des horloges parcourt la salle d'un pas cadencé,

saccadé par le tintement de son cerveau temporel.

Il tourne en rond autour de la table et de ses restes,

tous les deux émiettés.

La vierge malade, pucelle des serpents de feu,

allongée sur la même table, les jambes écartelées

sur un sexe déchiré et ensemencé de sperme encore chaud,

pleure telle une cascade des lamentations sur sa tombe.

Glapissant dans un coin, près de la cheminée consumée, Cerbère,

chien gardien des Enfers, ronge ses propres os.

Les anges, rebouteux des âmes, ivres, la tête sur la table,

les ailes tombant par-dessus, cuvent le sang de Dieu,

des morceaux de sa chair entre les dents.

La salle entière sent pourriture, désordre, tourments et plaintes.

A l'entrée, au-dessus de la porte, on peut lire,

sur une plaque de fer brisée et rouillée un lieu dit d'état :

PARADIS D'ENFER




Même le diable ne veut plus m’aimer...

badigeon
gauche left flecheancre hautdroite right fleche

ligne de basse