| GANGA
Quand de telles douleurs troublent
lâme blessée,
O Brahmanes chéris, lattente
est insensée.
Si le remède est prêt, les longs
discours sont vains.
Levez-vous, et quittez le fleuve
aux flots divins
Et la forêt profonde où son
beau cours commence.
O sages, le temps presse,
et la route est immense.
Par delà les lacs bleus de lotus
embellis
Que le souffle vital berce dans
leurs grands lits,
Le Kaîlaça
céleste, entre les monts sublimes,
Elève le plus haut ses merveilleuses
cimes.
Là, sous le dôme épais des feuillages
pourprés,
Parmi les kokilas et les paons
diaprés,
Réside Bhagavat dont la face
illumine.
Son sourire est Mâyâ, lIllusion
divine ;
Sur son ventre dazur roulent
les grandes Eaux ;
La charpente des monts est faite
de ses os.
Les fleuves ont germé dans ses
veines, sa tête
Enferme les Védas
+,
son souffle est la tempête ;
Sa marche est à la fois le
temps et laction ;
Son coup doeil éternel
est la création,
Et le vaste Univers forme son
corps solide.
Allez ! La route est longue,
et la vie est rapide.
Et Ganga disparut dans le fleuve
endormi,
Comme un rayon qui plonge et
séclipse à demi.
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Pareils à léléphant qui,
de son pied sonore,
Fuit lardente forêt quun
feu soudain dévore,
Qui mugit à travers les flamboyants
rameaux,
Et respirant à peine, et consumé
de maux,
Emportant lincendie à
son flanc qui palpite,
Dans la fraîcheur des eaux roule
et se précipite ;
A la voix de Ganga les sages
soucieux
Sentaient les pleurs amers se
sécher dans leurs yeux.
Sept fois, les bras tendus vers
londe bleue et claire,
Ils bénirent ton nom, ô Vierge
tutélaire,
O fille dHimavat, Déesse
au corps charmant,
Qui jadis habitais le large
firmament,
Et que Bhagiratha,
le roi du sacrifice,
Fit descendre en ce monde en
proie à linjustice.
Puis, adorant ton nom béni par
eux sept fois,
Ils quittèrent le fleuve et
lépaisseur des bois ;
Et vers les régions des montagnes
neigeuses,
Durant les chauds soleils et
les nuits orageuses,
Dédaigneux du péril et du rire
moqueur,
Les yeux clos, ils marchaient
aux clartés de leur coeur.
Enfin les
Lacs sacrés, à lhorizon en flammes,
Resplendirent, berçant des
Esprits sur leurs lames.
Dans leur sein azuré, le Mont
intelligent,
Limmense Kaîlaça mirait
son front dargent
Où siège Bhagavat sur un trône
divoire ;
Et les sages en choeur saluèrent
sa gloire.
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