| Ayant chanté
le mont Kaîlaça, les Brahmanes
Se baignèrent trois fois dans
les eaux diaphanes.
Ainsi purifiés des souillures
du corps,
lIs gravirent le Mont, plus
sages et plus forts.
Les Aurores naissaient, et,
semblables aux roses,
Seffeuillaient aux
soleils qui brûlent toutes choses;
Et les soleils voilaient
leur flamme, et, tour à tour,
Du sein profond des nuits
rejaillissait le jour.
Les Brahmanes montaient, pleins
de force et de joie,
Déjà les kokilas, sur le bambou
qui ploie,
Et les paons et les coqs au
plumage de feu,
Annonçaient le
Séjour, linénarrable Lieu,
Doù sépanche
sans cesse, en torrents de lumière,
La divine Mâyâ, lIllusion
première.
Mille femmes au front dambre,
aux longs cheveux noirs,
Des flots aux frais baisers
troublaient les bleus miroirs,
Et du timbre argentin de leurs
lèvres pourprées
Disaient en souriant les hymnes
consacrées ;
Et les Esprits nageaient
dans lair mystérieux ;
Et les doux Kinnaras, musiciens
des Dieux,
Sur les flûtes débène
et les vinâs divoire
Chantaient de Bhagavat linépuisable
histoire.
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